Portrait 2025 de l'IA dans l'administration publique québécoise
· 5 min de lecture · Gouvernance
Publié le 2 mars 2026 par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le Portrait 2025 révèle une croissance de plus de 50 % des initiatives IA dans l'administration publique québécoise, dont 61 dédiées aux services à la population.
Le Portrait des utilisations de l'intelligence artificielle dans l'administration publique québécoise est l'inventaire annuel publié par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) recensant chaque initiative IA développée ou déployée par les organismes publics du Québec. Publié le 2 mars 2026, le Portrait couvrant l'exercice 2024-2025 révèle une croissance de plus de 50 % des initiatives en un an, dont 61 touchent directement les prestations de services à la population.
Cette publication répond à l'arrêté ministériel 2024-01, qui oblige depuis 2024 les organismes assujettis à la Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles (LGGRI) à déclarer chaque année au dirigeant principal de l'information (DPI) tout projet ou actif faisant appel à l'IA. Les données brutes sont accessibles en format ouvert sur Données Québec. Les initiatives liées à la cybersécurité sont exclues du périmètre public, pour des raisons opérationnelles.
Que révèle le Portrait 2025 sur l'adoption de l'IA dans l'État québécois ?
Le Portrait dresse un panorama des initiatives selon cinq finalités fonctionnelles : analyse, prédiction, aide à la décision, automatisation et interaction avec les utilisateurs. La progression de plus de 50 % entre 2024 et 2025 confirme que l'IA, au sein de l'administration publique québécoise, dépasse le stade de l'expérimentation isolée pour entrer dans une phase de déploiement structuré. Les 61 initiatives en prestation de services indiquent par ailleurs que les usages ne se limitent plus aux fonctions internes, ils touchent désormais l'interaction directe avec les citoyens et les entreprises du Québec, selon le communiqué officiel du gouvernement du 2 mars 2026.
Les 3 secteurs publics les plus actifs en IA en 2026
Selon le communiqué du 2 mars 2026, trois grands secteurs concentrent le plus grand nombre d'initiatives déclarées :
- Santé : déploiement d'outils d'aide à la décision clinique, d'analyse d'imagerie médicale, de gestion de flux hospitaliers et de prévention des infections nosocomiales.
- Éducation : automatisation des tâches administratives, outils d'aide à la réussite scolaire et personnalisation des parcours d'apprentissage.
- Ressources naturelles : modèles prédictifs pour la gestion forestière, la surveillance des feux et l'analyse hydrologique.
D'autres ministères, dont la justice, le revenu et les transports, contribuent également au Portrait sans dominer ce classement de 2025. Le jeu de données ouvert publié sur Données Québec permet à toute organisation d'analyser le détail par secteur, par stade d'avancement et par finalité.
Quelles obligations pour les organismes publics qui déploient de l'IA ?
Toute initiative IA déclarable doit respecter le cadre établi par la Directive sur l'utilisation responsable des technologies de l'IA dans l'administration publique, adoptée par le Conseil du trésor du Québec en 2024. Les exigences incluent :
- Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) systématique lorsque l'initiative traite des renseignements personnels au sens de la Loi 25
- Documentation des données d'entraînement, des modèles utilisés et des risques de biais associés
- Gouvernance interne pour le suivi des modèles en production et la gestion des incidents
- Application des principes éthiques inscrits à la Stratégie d'intégration de l'IA dans l'administration publique 2021-2026 (justice, équité, transparence, responsabilité, sécurité)
Pour les responsables informatiques de l'État, la déclaration annuelle au DPI n'est plus un exercice purement administratif. Elle conditionne la légitimité des projets et leur capacité à passer en production sans réserve de la Commission d'accès à l'information (CAI), qui suit avec attention l'inventaire publié sur Données Québec.
Quelles implications pour les fournisseurs privés québécois ?
Les entreprises qui répondent aux appels d'offres publics doivent désormais structurer leurs propositions autour du cadre de gouvernance imposé aux organismes acheteurs. Trois implications concrètes ressortent du Portrait 2025 : d'abord, la documentation technique exigée s'alourdit (description des jeux de données d'entraînement, mesures de mitigation des biais, plans de surveillance post-déploiement). Ensuite, la conformité à la Loi 25 devient un prérequis non négociable pour toute solution traitant des renseignements personnels. Enfin, les fournisseurs capables de démontrer une compréhension fine des cinq principes éthiques du gouvernement bénéficient d'un avantage compétitif tangible lors de l'évaluation des soumissions.
Une évaluation préalable de la maturité IA de votre organisation permet d'identifier les écarts entre vos pratiques actuelles et les exigences du secteur public québécois.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Portrait des utilisations de l'IA dans l'administration publique ?
Il s'agit de l'inventaire annuel obligatoire publié par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, qui recense toutes les initiatives IA en développement ou en production dans les organismes publics du Québec assujettis à la LGGRI, à l'exception de celles liées à la cybersécurité. L'édition 2024-2025 a été publiée le 2 mars 2026.
Combien d'initiatives IA recense le Portrait 2025 ?
L'édition publiée le 2 mars 2026 indique une croissance de plus de 50 % des initiatives entre 2024 et 2025, dont 61 portent sur les prestations de services à la population. Les données détaillées par secteur et par stade d'avancement sont disponibles en format ouvert sur le portail Données Québec, sous licence ouverte.
Quels secteurs publics utilisent le plus l'IA au Québec en 2026 ?
Selon le communiqué du gouvernement du Québec du 2 mars 2026, les trois secteurs comptant le plus grand nombre d'initiatives IA sont la santé, l'éducation et les ressources naturelles. Les cas d'usage déclarés vont de l'aide à la décision clinique à la gestion forestière prédictive, en passant par la personnalisation des parcours d'apprentissage.
Quelle est la base légale de cette déclaration annuelle ?
L'obligation déclarative repose sur l'arrêté ministériel 2024-01, pris en application de la Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles (LGGRI). Les organismes assujettis doivent transmettre annuellement au dirigeant principal de l'information les renseignements prescrits sur chaque initiative IA, en développement comme en production.
Sources
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