Conseil national sur l'IA : qui conseille Ottawa et pourquoi
· 5 min de lecture · Gouvernance IA
Lancé le 2 octobre 2026 par Mark Carney, le Conseil national sur l'intelligence artificielle réunit 13 membres, dont Yoshua Bengio et Valérie Pisano. Son rôle est consultatif : il oriente la stratégie fédérale de l'IA sans pouvoir de décision. Composition, mandat et effets pour les entreprises.
Le Conseil national sur l'intelligence artificielle est un organe consultatif de 13 membres créé le 2 octobre 2026 par le premier ministre du Canada, Mark Carney. Il fournit au gouvernement fédéral des avis indépendants sur l'intelligence artificielle (IA) : adoption par les entreprises, champions nationaux, infrastructure souveraine, sûreté et protection de la démocratie. Il n'a aucun pouvoir de décision. Les ministres restent responsables des politiques.
L'annonce a été faite à Ottawa, quatre mois après la publication de la stratégie nationale « L'IA pour tous », dévoilée en juin 2026 par Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE). Au 5 octobre 2026, le Conseil n'a pas de président désigné, pas de calendrier de réunions public et pas de livrable annoncé.
Qui siège au Conseil national sur l'IA ?
Le communiqué du premier ministre du 2 octobre 2026 nomme 13 personnes : Ajay Agrawal, Yoshua Bengio, Sanja Fidler, John Graham, Gillian Hadfield, Jordan Jacobs, Eric Lamarre, Valérie Pisano, le sénateur Thomas Pitfield, Jody Thomas, Louis Vachon, Michelle Zatlyn et Patrick Pichette, membre d'office.
Au moins quatre membres ont un ancrage québécois, selon les profils publiés par Radio-Canada le 2 octobre 2026 :
- Yoshua Bengio : professeur à l'Université de Montréal, fondateur et conseiller scientifique de Mila, coprésident de LoiZéro.
- Valérie Pisano : présidente et cheffe de la direction de Mila, l'institut québécois d'intelligence artificielle.
- Louis Vachon : ancien président et chef de la direction de la Banque Nationale, poste occupé pendant près de 15 ans.
- Patrick Pichette : ancien dirigeant chez Bell, Google et Twitter, nommé au début de septembre 2026 président-directeur général de Transformation numérique. Cette fonction explique son statut de membre d'office.
Quel est le mandat du Conseil ?
Le communiqué officiel du 2 octobre 2026 fixe trois axes de conseil sur l'évolution de la stratégie « L'IA pour tous » :
- Accélérer l'adoption de l'IA dans l'économie.
- Favoriser l'émergence de champions nationaux.
- Bâtir une infrastructure d'IA souveraine.
Les membres doivent aussi conseiller le gouvernement pour rendre l'IA plus sûre, protéger la démocratie et faire en sorte que tous les Canadiens profitent de l'IA.
Le Conseil est soutenu par une petite équipe du Bureau du Conseil privé, le ministère du premier ministre. Les ministres et ministères responsables demeurent imputables des décisions et de leur mise en œuvre. Le Conseil ne rédige donc ni loi ni règlement, et ne distribue aucun financement.
Quels objectifs chiffrés le Conseil doit-il servir ?
La stratégie « L'IA pour tous » (ISDE, juin 2026) repose sur trois objectifs, confiance, opportunité et souveraineté, déclinés en six piliers. Ses cibles sont les suivantes :
- 60 % d'entreprises utilisatrices de l'IA d'ici 2034, contre 12 % au point de départ retenu par Ottawa.
- 200 milliards de dollars de gains de produit intérieur brut (PIB) liés à la productivité du travail.
- 250 000 nouveaux emplois liés à l'adoption de l'IA d'ici 2031.
- 90 000 emplois et stages en IA pour les jeunes Canadiens d'ici 2031.
Passer de 12 % à 60 % d'adoption suppose de quintupler la part d'entreprises utilisatrices.
Que change le Conseil pour une PME québécoise ?
À court terme, le Conseil ne modifie ni la Loi 25 ni le droit fédéral de la vie privée. Son influence passera par les programmes de la stratégie, dont plusieurs visent les petites et moyennes entreprises (PME). Trois enveloppes annoncées par ISDE en juin 2026 méritent un suivi :
- 700 millions de dollars pour élargir le Fonds d'accès au calcul, qui donne aux PME un accès abordable à une infrastructure de calcul souveraine.
- 500 millions de dollars de financement par la Banque de développement du Canada (BDC) dans le cadre du programme LIFT.
- 500 millions de dollars pour l'expansion de l'Initiative régionale en IA.
La stratégie prévoit aussi un outil d'évaluation de la littératie et de l'adoption de l'IA. Une entreprise qui a déjà mesuré sa maturité IA déposera un dossier plus solide quand ces programmes ouvriront leurs appels.
Quelles critiques vise la composition du Conseil ?
La composition penche vers la recherche, la finance et la technologie. Radio-Canada a rapporté le 2 octobre 2026 l'analyse de Frédérick Plamondon, de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Il relève quatre absences : le milieu des arts et de la culture, les représentants des travailleurs, les chercheurs indépendants en éthique et les spécialistes de l'environnement. Le communiqué officiel souligne de son côté la présence d'experts de la sûreté, de la gouvernance et de la supervision de l'IA.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Conseil national sur l'intelligence artificielle ?
C'est un organe consultatif de 13 membres lancé le 2 octobre 2026 par le premier ministre Mark Carney. Il conseille le gouvernement du Canada sur l'évolution de la stratégie « L'IA pour tous » : adoption, champions nationaux, infrastructure souveraine, sûreté et protection de la démocratie. Il est soutenu par le Bureau du Conseil privé.
Le Conseil national sur l'IA peut-il imposer des règles aux entreprises ?
Non. Le Conseil formule des avis et n'a aucun pouvoir réglementaire ni budgétaire. Selon le communiqué du 2 octobre 2026, les ministres et ministères responsables restent imputables des décisions de politique et de leur mise en œuvre. Les obligations des entreprises québécoises, dont celles de la Loi 25, demeurent inchangées.
Quels Québécois siègent au Conseil national sur l'IA ?
Au moins quatre membres ont un ancrage québécois selon Radio-Canada : Yoshua Bengio, fondateur de Mila et coprésident de LoiZéro, Valérie Pisano, présidente et cheffe de la direction de Mila, Louis Vachon, ancien dirigeant de la Banque Nationale, et Patrick Pichette, membre d'office à titre de dirigeant de Transformation numérique.
Quels sont les objectifs de la stratégie canadienne « L'IA pour tous » ?
Publiée en juin 2026 par ISDE, la stratégie vise 60 % d'entreprises utilisatrices de l'IA d'ici 2034, contre 12 % au départ. Elle projette 200 milliards de dollars de gains de PIB et 250 000 nouveaux emplois d'ici 2031.
Sources
- Premier ministre du Canada, « Le premier ministre Carney lance le nouveau Conseil national sur l'intelligence artificielle », 2 octobre 2026 : https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/communiques/2026/10/02/premier-ministre-carney-lance-nouveau-conseil-national
- Prime Minister of Canada, « Prime Minister Carney launches new National Council on Artificial Intelligence », 2 octobre 2026 : https://www.pm.gc.ca/en/news/news-releases/2026/10/02/prime-minister-carney-launches-new-national-council-artificial
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada, « Canada's National Artificial Intelligence Strategy: AI for All », juin 2026 : https://ised-isde.canada.ca/site/ised/en/canadas-national-artificial-intelligence-strategy-ai-all
- Radio-Canada, « Le gouvernement Carney lance un nouveau Conseil sur l'IA qui inclut Yoshua Bengio », 2 octobre 2026 : https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2289518/intelligence-artificielle-mark-carney-conseil-national-yoshua-bengio
- Mon Carnet, « Carney crée un conseil national pour orienter le Canada en matière d'IA », 3 octobre 2026 : https://moncarnet.com/2026/10/03/carney-cree-un-conseil-national-pour-orienter-le-canada-en-matiere-dia/
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