IA et élections 2026 : ce que promettent les 5 partis québécois
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À l'approche du scrutin du 5 octobre 2026, les cinq principaux partis québécois s'opposent sur l'IA : réglementation, usage dans l'État et emplois. Leurs promesses, le code de conduite signé par quatre d'entre eux, et ce que cela change pour les entreprises.
Les promesses des partis québécois en matière d'intelligence artificielle (IA) désignent les engagements pris par chaque formation sur l'encadrement, le financement et l'usage de l'IA dans l'État, en vue de l'élection générale du 5 octobre 2026. En septembre 2026, à moins d'un mois du scrutin, les cinq principaux partis défendent des visions opposées : du déploiement systématique de l'IA pour alléger la fonction publique à la création d'un cadre réglementaire propre au Québec.
La Stratégie d'intégration de l'intelligence artificielle dans l'administration publique 2021-2026 arrive à échéance : le prochain gouvernement devra en définir la suite. Selon l'inventaire publié par le média Pivot le 4 septembre 2026, les partis divergent sur la réglementation, la place de l'IA dans les services publics et la protection des travailleurs.
Que proposent les cinq principaux partis sur l'IA ?
Positions compilées par Pivot et annonces de campagne rapportées par Radio-Canada et La Presse en août 2026, par ordre alphabétique :
- Coalition avenir Québec (CAQ) : le parti de la première ministre Christine Fréchette propose une équipe des projets numériques relevant directement de la première ministre et mise sur l'IA pour l'efficacité de l'État. Il met de l'avant le Centre d'expertise de l'intelligence artificielle en éducation (CEIAE), créé en 2022.
- Parti conservateur du Québec (PCQ) : la formation d'Éric Duhaime veut déployer l'IA de façon « systématique » dans la fonction publique. Son plan de compressions de 47 milliards de dollars sur cinq ans prévoit l'abolition de 20 000 postes, surtout par attrition, pour 3,75 milliards de dollars d'économies. Le PCQ rejette tout nouvel encadrement législatif de l'IA, qu'il juge nuisible à l'investissement.
- Parti libéral du Québec (PLQ) : le parti de Charles Milliard propose un ministre responsable de l'IA, doté d'une gestion centralisée, et des projets pilotes avant tout déploiement élargi. Son principe : un humain derrière chaque décision. Il prévoit de la requalification pour les travailleurs touchés.
- Parti québécois (PQ) : la formation de Paul St-Pierre Plamondon présente l'encadrement de l'IA comme un enjeu de souveraineté. Elle veut réduire de 2,5 % les coûts de rémunération des secteurs public et parapublic, soit 4,7 milliards de dollars sur quatre ans, en misant notamment sur l'IA, sans en préciser la part.
- Québec solidaire (QS) : le parti de Ruba Ghazal propose un cadre réglementaire fondé sur la transparence, la vie privée et les droits des artistes, et interdirait le financement public de produits culturels générés par IA. Il prône une « énorme prudence » avant tout déploiement dans la fonction publique et en santé.
Qu'est-ce que le code de conduite sur l'IA signé par quatre partis ?
Le Code de bonne conduite sur l'usage responsable de l'IA en politique est un engagement volontaire rédigé par IVADO (Institut de valorisation des données) et le CEIMIA (Centre d'expertise international de Montréal en intelligence artificielle), publié le 28 octobre 2025. Le 24 août 2026, la CAQ, le PLQ, le PQ et QS y ont formellement adhéré. Le PCQ est le seul des cinq principaux partis à ne pas l'avoir signé.
Les signataires s'engagent à ne pas produire d'hypertrucages (deepfakes) destinés à tromper l'électorat, à signaler tout contenu généré ou modifié par IA, à protéger les données personnelles des électeurs et à former leurs équipes aux risques de l'IA. Selon le Centre pour les médias, la technologie et la démocratie (rapport du 27 août 2026), 63 % des Québécois sondés se disent très ou extrêmement préoccupés par la manipulation de contenus générés par l'IA, contre 53 % pour la désinformation en général. Le cadre légal applicable aux hypertrucages électoraux, issu de la loi 98, est détaillé dans cette analyse publiée en juin 2026.
Quelles conséquences pour les entreprises québécoises ?
Trois divergences entre les partis touchent directement les organisations, quel que soit le résultat du 5 octobre 2026 :
- Conformité : QS et le PQ envisagent un cadre propre au Québec, le PLQ une gouvernance centralisée, le PCQ aucune nouvelle loi. Dans tous les cas, la Loi 25 reste en vigueur : son article 12.1 impose déjà d'informer une personne lorsqu'une décision la concernant repose exclusivement sur un traitement automatisé.
- Marchés publics : la CAQ, le PCQ et le PQ misent sur l'IA pour l'efficacité de l'État. Les fournisseurs gagneront à documenter leur gouvernance, car les causes d'abandon de projets IA dans l'administration québécoise sont déjà connues.
- Main-d'œuvre : les plans du PCQ et du PQ reposent sur l'attrition et le gel des embauches, alors que le PLQ promet de la requalification.
Quelles échéances surveiller d'ici octobre 2026 ?
Le 23 septembre 2026 marque la fin de la consultation fédérale sur la transparence de l'IA, lancée en juillet par Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE). Le 5 octobre 2026, les électeurs choisiront le gouvernement qui donnera une suite à la stratégie 2021-2026 de l'administration publique.
Questions fréquentes
Quel parti québécois refuse de réglementer l'intelligence artificielle ?
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) d'Éric Duhaime rejette tout nouvel encadrement législatif de l'IA, jugé nuisible à l'investissement, selon Pivot (4 septembre 2026). C'est aussi le seul des cinq principaux partis à ne pas avoir signé le code de conduite d'IVADO et du CEIMIA sur l'usage de l'IA en campagne.
Le code de conduite sur l'IA en politique est-il contraignant ?
Non. Le Code de bonne conduite d'IVADO et du CEIMIA repose sur une adhésion volontaire, formalisée le 24 août 2026 par la CAQ, le PLQ, le PQ et QS. La sanction relève plutôt de la Loi électorale : depuis la loi 98 de 2025, diffuser sciemment de fausses informations, y compris par hypertrucage, constitue une infraction.
La Loi 25 peut-elle changer après l'élection ?
La Loi 25 reste en vigueur quel que soit le gouvernement élu : toute modification exigerait un projet de loi adopté par l'Assemblée nationale. Ses obligations liées à l'IA, comme l'information des personnes visées par une décision entièrement automatisée (article 12.1), s'appliquent donc sans changement aux entreprises québécoises à l'automne 2026.
Sources
- Pivot, « Élections : quelle place pour l'IA au Québec? », 4 septembre 2026 : https://pivot.quebec/2026/09/04/elections-quelle-place-pour-lia-au-quebec/
- IVADO et CEIMIA, « Quatre partis politiques majeurs au Québec adhèrent au Code de bonne conduite sur l'usage responsable de l'IA en politique », 24 août 2026 : https://www.newswire.ca/fr/news-releases/quatre-partis-politiques-majeurs-au-quebec-adherent-au-code-de-bonne-conduite-sur-l-usage-responsable-de-l-ia-en-politique-d-ivado-et-du-ceimia-837597885.html
- IVADO, « Proposition de code de bonne conduite pour l'utilisation de l'IA par les partis politiques québécois » : https://ivado.ca/en/repertoire-des-ressources/proposed-code-of-conduct-for-the-use-of-ai-by-quebec-political-parties/
- Centre pour les médias, la technologie et la démocratie, « L'environnement d'information à l'aube de l'élection québécoise de 2026 », 27 août 2026 : https://mediatechdemocracy.com/fr/publications/qc-election-baseline_2026/
- Radio-Canada, « Coupes dans la fonction publique : le PQ rivalise avec les conservateurs », août 2026 : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2279379/coupes-emplois-efficacite-etat-pspp-duhaime
- La Presse, « Éric Duhaime promet des coupes de 47 milliards en 5 ans », 13 août 2026 : https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-08-13/parti-conservateur-du-quebec/eric-duhaime-promet-des-coupes-de-47-milliards-en-5-ans.php
- Gouvernement du Québec, « Stratégie d'intégration de l'intelligence artificielle dans l'administration publique 2021-2026 » : https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/strategie-integration-ia-administration-publique-2021-2026
- Gouvernement du Québec, « Centre d'expertise de l'intelligence artificielle en éducation (CEIAE) » : https://www.quebec.ca/education/numerique/intelligence-artificielle/reseau-education/centre-expertise-intelligence-artificielle-education
- LégisQuébec, Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (RLRQ, c. P-39.1), article 12.1 : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/P-39.1
- Gouvernement du Canada, « Le gouvernement du Canada lance une consultation publique sur la transparence de l'IA », juillet 2026 : https://www.canada.ca/en/innovation-science-economic-development/news/2026/07/government-of-canada-launches-public-consultation-on-ai-transparency.html
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